Les Egyptiens et Tunisiens se mobilisent pour leurs voisins libyens

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LE CAIRE (AP) — Comment rester indifférent au calvaire de la Libye? Egyptiens et Tunisiens, encore tout étonnés d’avoir remporté il y a quelques jours ou semaines à peine leur propre bataille pour la liberté, se mobilisent aujourd’hui pour venir au secours de leurs voisins, organisant à la hâte hôpitaux de campagne, convois d’aide humanitaire et dons de sang.

Dans la Libye soulevée depuis dix jours contre son tyran Moammar Kadhafi, il y a déjà des centaines de morts et le « Guide » a promis un bain sang.

De vastes pans du pays étant tombés aux mains de l’insurrection, la frontière égyptienne est devenue poreuse ces tout derniers jours. Les hôpitaux de l’Est libyen désormais contrôlé par l’opposition, ont lancé des appels à l’aide, et les médecins d’Egypte et d’ailleurs se mobilisent, ainsi que les bénévoles et ONG.

« Cela nous fait sentir que nous pouvons faire quelque chose », explique Momen El-Husseiny, étudiant égyptien en architecture impliqué dans l’organisation de cette aide.

L’Union des médecins arabes (UMA), basée au Caire, a déjà envoyé 12 tonnes de médicaments et matériel médical, 30 tonnes de vivres et 1.000 poches de sang en Libye. Cinquante-cinq médecins égyptiens sont arrivés dans l’Est, à Benghazi, Tobrouk et Beyida, précise le docteur Ibrahim Zafran, coordinateur de l’UMA.

L’armée égyptienne a installé des hôpitaux de campagne sur sa frontière avec la Libye, et l’armée tunisienne a fait de même à l’autre bout du pays, dans le Grand Sud tunisien.

Les Libyens de l’exil et les ONG musulmanes du monde entier se mobilisent, rassemblant des dizaines de milliers de dollars en peu de temps.

ait route vers la Libye. D’autres navires turcs sont attendus dans les prochains jours, les Emirats arabes unis

Jeudi, un ferry turc transportant vivres et médicaments faisait route vers la Libye. D’autres navires turcs sont attendus dans les prochains jours, les Emirats arabes unis ayant également promis leur aide.

Et les tout nouveaux « vétérans » du soulèvement égyptien qui a obtenu le 11 février le départ du « raïs » Hosni Moubarak ont ouvert une page Facebook pour coordonner les efforts d’aide à la Libye.

Ces militants se sentent une solidarité et une fraternité toutes particulières avec les Libyens, et sont incités à agir au plus vite par leur propre succès et leur valeur d’exemple. « Nous avons l’énergie, nous sommes rapides, et les fonctionnaires gouvernementaux n’arrivent qu’à faire ce qu’ils peuvent pour suivre », note El-Husseiny.

Mercredi, une opération de collecte improvisée s’organisait donc à grande vitesse devant une mosquée du quartier cairote de Mohandeseen: farine, sacs de riz, sucre et médicaments s’entassaient sur le trottoir. Les passants s’arrêtaient donner leur sang dans des unités mobiles garées à proximité, et les bénévoles distribuaient des tracts aux automobilistes avec des photos des cadavres ensanglantés de Libye.

Depuis le début de la semaine, ces dons sont chaque nuit chargés à bord de camions, direction la frontière libyenne, à 17 heures de route du Caire.

Ahmed Sharif, 34 ans, médecin égyptien ayant grandi à Londres, se prépare à partir avec le prochain convoi jusqu’à la ville-frontière de Salloum. Il emmène avec lui antiseptiques, matériel de suture, perfusions et autres produits de première urgence réclamés par ses homologues libyens.

A la frontière, explique le docteur Zafran, de l’Union des médecins arabes, les cargaisons sont prises en charge par des véhicules libyens. « Il n’y a pas de danger dans la région est », dit-il, mais les bénévoles égyptiens ne se hasardent pas plus à l’Ouest que Benghazi, évitant les zones toujours sous contrôle du régime de Tripoli.

Car si l’aide arrive sans encombre depuis l’Egypte, la situation est tout autre sur le versant occidental de la Libye. La frontière tuniso-libyenne reste quasiment impénétrable, déplorent les médecins. Mercredi, quelque 2.500 Tunisiens, 300 Egyptiens et quelques Libyens fuyant le chaos ont réussi à passer en Tunisie, mais il n’y avait pas parmi eux de blessés des combats.

Ces derniers « sont empêchés de quitter le pays, et arrêtés bien avant d’atteindre la frontière », dénonçait jeudi Mourad al-Ayashi, médecin basé à Tunis. « C’est terriblement frustrant pour tous les volontaires, car il sont prêts, ils ont des tonnes de matériel, du sang, tout, mais il ne peuvent rien en faire, bien que nous sachions qu’à l’intérieur de la Libye, les besoins sont énormes ».

Non loin de la frontière, l’armée tunisienne a mis sur pied un hôpital de campagne avec 5.000 lits et 20 chirurgiens.

Tous espèrent l’ouverture d’un « couloir humanitaire » qui permettrait d’évacuer les blessés sur la Tunisie, le pays qui a déclenché cet hiver de libération dans le monde arabe, en chassant du pouvoir à la mi-janvier le président Zine el Abidine ben Ali.

« Après tout ce que nous avons vu, il est impossible de rester indifférent au sort de nos voisins », soupire le docteur tunisois al-Ayashi. « Nous avons vécu une situation similaire tout récemment, et nous avons souffert. Mais en Libye, la souffrance est immense ». AP

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